Montpellier. Tram inauguré. Valls pas à la fête !


 Loi "Travail" dégage ! Valls dégage !
 Correspondance NPA 34


Le Premier ministre Manuel Valls a été hué, ce vendredi 1er juillet à Montpellier par plusieurs dizaines d'opposants au projet de loi travail. Alors que la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, venait de finir son discours sans encombre dans le parc du Peyrou, face à la statue de Louis XIV, des huées se sont fait entendre dès le début de la prise de parole de Manuel Valls consacrée à l'inauguration d'une ligne de tramway.

Les opposants au projet de loi, dont certains portaient des pancartes CGT, Nuit debout ou encore NPA, étaient massés devant la scène sur laquelle se trouvait le Premier ministre, Mme Delga et le maire et président de la métropole de Montpellier, Philippe Saurel (DVG). "La démocratie c'est le respect et l'écoute de chacun", a lancé le Premier ministre en poursuivant son discours, couvert de bout en bout par des sifflets fournis. Cliquer ici

Confirmation. Valls ce n'est pas le Peyrou...

L'AG Populaire Nuit Debout, rejointe sur place par Villages Debout Pic-Saint-Loup, des militant-es CGT, Solidaires, CNT, de Nîmes, Brissac et des sans partis, sans syndicats, avait appelé à perturber le discours de Manuel Valls, venu à l'invitation de son ami Philippe Saurel, maire exPS - aujourd'hui classable plus à droite que le PS, c'est dire - pour l'inauguration de la ligne 4 du tram. Malgré un impressionnant dispositif policier, des palpations corporelles et le refoulement de militant-es nuitdeboutistes (voir communiqué ci-dessous), rien n'a pu empêcher que nous nous regroupions près de l'estrade des ténors. Lors des interventions de Saurel et de Carole Delga (PS), pour la Région, toute allusion au premier ministre a déclenché des huées qui, au ras des présent-es, ont rendu les discours inaudibles. L'intervention de Valls lui-même a déclenché une bronca mémorable de bout en bout. Loi travail dégage ! Valls dégage ! Les opposant-es à la Loi Travail se sont ensuite constitué-es en cortège de 150 à 200 personnes au nez et à la barbe de la BAC, applaudi sur son passage par certain-es, et, arrivé-es aux grilles enserrant le Peyrou, ils/elles sont resté-es nez à nez avec un barrage de flics. Décision a été prise de forcer le passage, ce qui a été fait sans problème. Nous avons rejoint à l'Arc de Triomphe (!!!) nos camarades qui avaient été refoulé-es, ce deuxième barrage de flics s'ouvrant à notre passage. Une manifestation a ensuite sillonné la ville en scandant les slogans contre la Loi Travail, le gouvernement et leur monde. Cortège dynamique, très jeune et déterminé. Dispersion sans problème. Plein succès ! Valls, tu ne t'en sortiras pas comme ça ! On ne lâche rien ! On ne te lâchera pas !

NPA 34
La une de Midi Libre papier demain


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"Manu qu'est-ce que tu trames ? Ta Loi Travail on en veut pas !"

Preuve aura été faite que l'hypersécurisation policière pour Manuel Valls lui-même, à l'image du sale bonhomme, "n'y arrive pas"...

Filtrage des entrées avec palpations corporelles, vigiles dans le parc...




Pourtant l'espace entre le parc du Peyrou, siège de la cérémonie festive, et l'Arc de Triomphe avait été  particulièrement dégagé....



 Louis XIV, plus hautain que jamais, appréciait moyennement  ces futilités autour du tram...


 La tribune devant le château d'eau, pour le bon goût déco on repassera...


 Derrière le masque de la fête au son endiablé de la batukada brésilienne...


 ...la réalité de l'expulsion, par une escouade de baqueux, d'une de nos camarades nuitdeboutistes, par ailleurs libertaire.


 La flicaille retourne, vite fait, finir la chasse aux perturbateurs potentiels...


 Raté, fallait se bouger plus tôt, les cow boys, les apaches avaient fait les morts et sont sortis de leur cache au démarrage des discours pour se mêler à la foule. Plus possible de réprimer sans dommage politique ! La bronca peut commencer...




 Les discours finis, il est temps de mettre les voiles. On se regroupe en cortège pour sortir !



Aux grilles du parc, un barrage peu engageant


 Après un face à face de quelques minutes, ras le bol, on pousse, on passe...


 Le photographe n'assure plus, l'espace de quelques secondes...

 

Et voilà, la jonction a été faite avec les camarades "refoulé-es" (on se comprend !) sous l'Arc de Triomphe, joli hasard des symboles !... Et une déambulation "sauvage" à travers la ville commence




C'est bientôt la dispersion mais, c'est clair, Manu, on lâche rien ! Ta Loi Travail c'est toujours destination poubelle. Et à y être c'est pareil pour toi !


 Bilan de l'action demain à l'AG Populaire Nuit Debout sur la place de la Comédie.
On vous attend nombreux/-ses ! C'est à partir de 18 h.

Cliquer ici

COMMUNIQUE DE L'AG POPULAIRE NUIT DEBOUT DE MONTPELLIER
  
Nous avons gâché la fête de Valls et Saurel !


Ce qui vient de se passer ce 1er juillet à Montpellier confirme la dérive autoritaire du régime, la tendance à la militarisation généralisée de la police et la répression violente du mouvement social : 49.3, interdictions de manifester ciblées, tentatives d’interdiction des manifestations intersyndicales, dispositifs policiers d’encerclement violents, usage massif et dangereux des grenades de dés-encerclement et lacrymogènes, etc. 

Alors que Manuel Valls devait inaugurer la nouvelle ligne de tram au cours d’une fête « populaire et participative », une partie des opposantEs à la loi travail qui arrivaient au compte-goutte se sont vuEs interdire l’accès à l’espace public de la fête. La police a invoqué un arrêté préfectoral dans le cadre de l’état d’urgence pour cibler celles et ceux fichéEs comme opposantEs à la loi travail. 

Un dispositif digne d’un régime autoritaire était déployé pour une simple inauguration : CRS armés de fusils d’assaut, brigade d’intervention, brigade mobile de gendarmerie, plusieurs compagnies de CRS, entreprise de sécurité privée ainsi que des dizaines de policiers en civils. 

Toute personne suspectée sur faciès de s’opposer à la politique du gouvernement s’est vue refoulée par les polices municipales et nationales, jouant le rôle de videurs d’une boite de nuit à ciel ouvert. Une partie des mobiliséEs de Nuit Debout qui avaient réussi à passer se sont fait contrôler puis expulser par la brigade anti criminalité au cœur même de la fête, au total plus d’une cinquantaine de personnes. 

Cela marque un nouveau pas dans le fichage généralisé et dans les interpellations « préventives ». Ainsi les opposantEs à la loi travail sont présuméEs coupables a priori dont on ne sait quel crime. Peut-être celui de vouloir s’exprimer et s’opposer ?


L’évacuation de certainEs militantEs n’aura pas permis de faire taire la contestation populaire. 

Une grosse centaine de personnes (Nuit Debout Montpellier, Pic St Loup, Brissac, Solidaires, CGT, CNT….) ont littéralement couvert le discours de Valls avec huées, sifflets,  slogans le rendant parfaitement inaudible sur la totalité des 6 minutes. Pancartes et cartons rouges savamment dissimulés ont étés levés. 

Le premier ministre appelé à la démission par le peuple n’est même plus capable d’inaugurer un tramway en province sans se voir politiquement bousculé. 

Nombreux-sEs étaient ceullEs qui, n’étant pas forcément venu-es au Peyrou pour contester, ont rejoint l’action tandis que quelques autres exprimaient leur mécontentement. Beaucoup de personnes, sont en colère contre Manuel Valls (en tant que représentant de l’État répressif et allié du patronat), qui s’est fait copieusement huer tout au long de son discours. Les petits fours payés avec nos impôts ont certainement eu un petit goût amer pour ces messieurs-dames ! 

Un beau cortège a quitté les festivités pour rejoindre les refouléEs et former une manifestation spontanée et revendicative. 

Preuve a été faite que cette répression démesurée ne pourra venir à bout de la contestation populaire légitime contre la loi travail et son monde. Elle ne fera que nous rendre plus déterminéEs.

On ne lâche rien !

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