vendredi 12 mai 2017

Le Royal est mort : vive le Royal !

Le «Royal occupé», ancien cinéma
devenu un squat d'habitation culturel et politique
en plein centre de Montpellier
a été évacué jeudi matin par les CRS.
...17 interpellations !


Le squat du Royal, dont l'occupation avait débuté le 30 mars dernier durant le mouvement contre la loi travail, a vu ses occupants expulsés ce jeudi 11 mai. Une vingtaine de personnes ont ainsi perdu leur toit, et Montpellier est en deuil d'un lieu de culture alternative et anticapitaliste. Outre sa fonction de logement, l'ancien cinéma affichait un planning chargé, accueillant de nombreuses projections et des concerts.

Le Royal Occupé avait échappé à la fermeture le 9 août dernier, le tribunal de grande instance ayant jugé que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété. Mais le 30 mars, avec la fin de la trêve hivernale, est arrivé le rendu du jugement en appel. Verdict : expulsion de tous ses occupants sous 48 heures après passage d'un huissier sur les lieux.



C'est finalement ce jeudi que l'expulsion a eu lieu, et elle ne s'est pas faite sans bruit. Quinze fourgons de CRS, un car et des unités de la BAC ont été déployés pour l'opération. Les occupants ont, eux, décidé de ne pas faire de vagues et de ne pas opposer de violence aux policiers - ce qui n'a pas empêché l'interpellation, devant les yeux d'une cinquantaine de curieux, de dix-sept des personnes présentes. La présence de caméras ayant sûrement participé à limiter les dégâts et le nombre d'interpellations. (Voir ICI et ICI), le tout ayant été retransmis en direct sur Facebook par Le Poing Info.
Juste après les événements, l'équipe du Royal Occupé a appelé à se rassembler sur l'esplanade pour un pique-nique de soutien.

A l'heure où des milliers de logements restent vides pour favoriser la spéculation immobilière, et où la mairie loue ses salles plusieurs centaines d'euros la soirée, l'expulsion du Royal Occupé et de ses habitants signe la fin d'une année riche en activités culturelles et politiques populaires. Si le premier jugement avait considéré que le droit au logement prévalait sur le droit à la propriété, et le droit d'usage sur le droit du capital, c'est bien une justice de classe en faveur des propriétaires qui a primé au final.
 Correspondants NPA34 -Pierrot Rockwell et Dom Thomas


Quelques liens :