Lectures estivales pour préparer la rentrée sociale (et politique ) !



 Retour sur un passé de mise en crise des syndicats pour organiser une rentrée sociale faisant sauter les freins à son développement  et à ... la mise en crise d'un gouvernement directement "géré" par le capital !



Au-delà de la multiplication des attaques contre les droits des salarié-e-s, ce qui se joue à travers les ordonnances Macron est un changement complet du mode d’organisation des relations sociales, alignant la situation de la France sur celle de ses « partenaires »-concurrents européens…  […]

Aux origines du syndicalisme 

Dès ses débuts, le syndicalisme a été partie prenante d’un système de relations complexes entre les trois grands acteurs de la société capitaliste : l’Etat, le patronat, les salarié-e-s.

Pour le monde « occidental » on considère qu’à l’origine, se sont développés trois types de relations industrielles nées symboliquement en 1906 avec la création du Labour Party à l’initiative des syndicats britanniques, le congrès des syndicats allemands qui entérinait leur rapport avec le parti social-démocrate, et la Charte d’Amiens qui inscrivait dans le marbre la double « besogne » du syndicalisme français.


[…] Naissance et développement du dialogue social 

Dans la foulée de l’élection de 1981, s’engage la mise en place d’une régulation « pacifiée » des relations sociales. Les lois Auroux de novembre 1982, saluées par l’ensemble des organisations syndicales, en fixent les premières règles.

Leur philosophie consiste à magnifier l’entreprise, à la réhabiliter dans l’esprit de la population. Cela annonce le véritable culte dont elle fera ensuite l’objet, avec la mise en scène du brigand Bernard Tapie comme modèle d’entrepreneur et d’Yves Montand, la « personnalité de gauche », prônant l’individualisme et le libéralisme les plus exacerbés dans ses émissions télé « Vive la crise ». Pour Auroux, l’entreprise doit devenir citoyenne : « il importe que les uns prennent davantage conscience de sa dimension sociale et les autres de sa dimension économique. » 

La seconde anticipation concerne l’institution des accords dérogatoires, qui enfonce un (premier) coin dans l’ordre public social avec la possibilité de déroger aux dispositions législatives et conventionnelles, incluant déjà des formes de modulation du temps de travail, s’il n’ y a pas d’opposition des syndicats représentants 50 % des voix aux élections professionnelles.

Et enfin la tentative, vite tombée en désuétude, de contourner les institutions représentatives du personnel et les syndicats avec les « groupes Auroux », regroupant maîtrise et salarié-e-s et appelés à discuter de tout sauf de salaires. Est aussi instituée l’obligation de négocier chaque année les salaires et l’organisation du temps de travail.

En 1986, la loi Séguin ouvre la voie aux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Autrement dit, une sorte de cogestion des plans sociaux est instaurée, et les élu-e-s des salarié-e-s se retrouvent partie prenante de décisions douloureuses. Parallèlement font florès des expressions comme « partenaires sociaux » ou « concertation », que les syndicats eux-mêmes ont fini par intégrer. La multiplication des négociations, appels aux cabinets d’expertise, aux avocats, vont absorber une grande partie de l’énergie et de l’activité des militant-e-s syndicaux. La judiciarisation, l’individualisation des rapports sociaux amplifient la coupure des syndicats avec les travailleurs, tout en réduisant toujours davantage les ripostes collectives.

Les années de cohabitation et de gestion de la crise par la gauche plurielle (1997-2002) accroissent de façon continue le désarroi des équipes militantes et le recul de l’action revendicative collective. Appareils et militants vieillissent et se coupent des travailleurs.

Le mouvement de 1995, limité pour l’essentiel au secteur public, a tenu autant à la volonté de riposte des travailleurs et travailleuses concerné-e-s qu’à celle d’organisations syndicales telle que FO, soucieuse de conserver la gestion de la Sécurité sociale, ou la CGT au travers des professions principalement visées par la réforme des retraites (EDF-GDF, RATP, SNCF), qui ont mis tout le poids de leurs appareils dans la bataille. Le résultat a été un demi-succès sur les retraites, mais des reculs maintenus sur la Sécurité sociale.

La mise en place de la réduction du temps de travail à la sauce Aubry a ensuite combiné la multiplication des négociations au long cours et des reculs décisifs en matière de flexibilité et de décompte du temps de travail effectif. Et encore accru la défiance des salarié-e-s vis-à-vis des organisations syndicales. L'article complet est à lire ici


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Mauvais coup après mauvais coup, le gouvernement Macron semble fragilisé, en tout cas dans les sondages puisque sa popularité vient de chuter de 10 points. Les conditions de son élection ont aussi montré que son socle électoral est assez étroit : à peine le cinquième des électeurs inscrits au premier tour, et une victoire au second tour pour partie liée à son duel face à Le Pen. Et beaucoup qui espéraient du neuf à travers Macron, s’aperçoivent que ce dernier utilise les mêmes vieilles recettes contre le monde du travail et les plus modestes.


En ce début d’été, les raisons se multiplient pour combattre ce gouvernement et aller à l’affrontement, que l’on soit salariéE du privé ou du public. Pour cela, nous devons en premier lieu nous saisir de la  journée de grève et de manifestation du 12 septembre appelée par la CGT mais aussi par Solidaires. Après Hollande, le gouvernement Macron amplifie l’offensive ? Nous devons reprendre le chemin de la mobilisation. Une seule journée ne pourra évidemment pas faire reculer ce gouvernement, mais si elle est réussie, elle pourra être le début d’une mobilisation d’ensemble la plus unitaire possible. Pour cela, il faut mettre fin à l’éparpillement, arrêter que les dates sur tel ou tel sujet se multiplient car c’est autant de divisions. L’urgence est de riposter ensemble, unis.

La période estivale doit nous permettre de reprendre les forces nécessaires pour que dès les premiers jours de rentrée, nous soyons plus que jamais mobilisés, déterminés, pour défendre nos droits et, pourquoi pas, en conquérir de nouveaux. Cliquer ici

Illustration 2 par NPA 34

  Signé Karak http://karak.over-blog.com/


Révélation. Muriel Pénicaud a réalisé en 2013 une plus-value de 1,13 million d’euros sur ses stock-options en tant que dirigeante de Danone, profitant de la flambée en Bourse qui a suivi l’annonce de 900 suppressions d’emplois du groupe en Europe. Cliquer ici

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Ah ! Ces sigles et acronymes capitaux... 

APL, ISF, MACRON, MEDEF
 
 
  
  

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Les débats nécessaires pour contrer Macron et Gattaz


 

JED – Ci-dessous deux textes rédigés par des militants du NPA et parus sur leurs blogs de Médiapart, le second répondant à des commentaires « indignés » du premier.  Cliquer ici

Quelques réflexions sur la « France insoumise », suite

 


Extrait : Et on en revient toujours au même point : LO croit que la conscience des travailleurs évolue par le fait « de regrouper les femmes et les hommes qui se reconnaissent dans [notre] programme, de trouver et surtout de former des militants ». Nous pensons, en nous basant sur toutes les expériences historiques, que la conscience évolue dans l’action, et que les militants révolutionnaires ont pour rôle d’accélérer ces prises de conscience, par leur expérience, leur formation politique et théorique, lors de toute une série d’événements, de la grève locale aux diverses crises politiques nationales. Agir dans toutes les luttes, intervenir sur la question de l’écologie ou du racisme, ce n’est pas pour nous abandonner le communisme mais au contraire montrer sa pertinence dans quelque domaine que ce soit. On lira avec plaisir l’article de Daniel Bensaïd Lénine ou la politique du temps brisé à ce sujet, sur la différence entre le parti stratège de Lénine et le parti pédagogue de Kautsky, sur le fait que la conscience se développe dans l’action, pas de l’extérieur de la classe. Cliquer ici


Le Canard Enchaîné du 26 juillet 2017

 NPA 34, NPA