Catalunya Infos en continu. Pour la rupture avec le Régime de 78 !


Lire ci-dessous le communiqué du Comité de Montpellier pour la Liberté, la Démocratie et la Solidarité avec la Catalogne qui appelle à rassemblement samedi.



1er décembre

Le cadenas de 78

78 = année 1978, date du référendum qui instaure la monarchie parlementaire

Dans les bulles :  - Rien à faire, ça n'entre pas.
- Je te dis que cette clé ne va pas.

Sur le porte-clé   : Le dialogue règle tout.
Cliquer ici 


Des intellectuels, des politiques et des écrivains signent un Manifeste "pour la rupture avec le régime de 78"

 
Le texte dénonce l’atteinte aux droits, entre autres celui de l’autodétermination des peuples, que porte la Constitution. Et il lance un appel pour que le 6 décembre prochain « tous les peuples de l’Etat espagnol » sortent dans la rue pour « la pleine garantie des droits sociaux  et de ceux du travail. 


Les quelque cent signataires, des politiques, des écrivains, des syndicalistes ou des universitaires, signent un manifeste où ils dénoncent que la Constitution « bride les droits et les libertés ». Un de ces droits qu’ils soulignent, après les événements survenus en Catalogne depuis le référendum du 1er octobre, est le Droit des Peuples à l’Autodétermination.


Le manifeste intitulé Convergence politique internationaliste pour la rupture avec le régime de 78, dénonce qu’avec la crise catalane, qui est qualifiée d’ »affrontement entre les peuples », on tente d’ « invisibiliser » les affaires de corruption, tant du PP que du PSOE. En outre les signataires évoquent la « brutale répression » qui a été menée « d’une façon sauvage » le 1er octobre pour, ensuite, en venir à « détruire les institutions [de la Catalogne], emprisonner ses dirigeants et la plus grande partie du Govern de la Generalitat ».

Le manifeste se conclut par l’appel « à tous les peuples de l’Etat espagnol » à sortir dans la rue le 6 décembre « contre la constitution de 1978 et la monarchie franquiste pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples ».



Voici le texte complet du manifeste :


Convergence politique internationaliste pour la rupture avec le régime de 78

Les événements de ces derniers mois, qui ont vu le peuple catalan jouer un rôle majeur, ont mis en évidence des faits qui,  jusqu’ici,  n’étaient pas évidents pour beaucoup de gens. Il s’agit du fait que :

La Constitution, qui fut approuvée par référendum en 1978 pour essayer de conjurer les bruits de bottes, porte la marque de l’héritage du franquisme. Elle est, pour cette raison, une camisole de force qui bride les droits et les libertés, parmi lesquelles on trouve le Droit des Peuples à l’Autodétermination.

Le mur du Régime de 78 bénéficie du soutien clé du PP et du PSOE, et désormais avec l’appoint de Ciudadanos. Ce régime comprend toutes les structures de l’Etat, à commencer par la Monarchie, puis par l’Audiencia Nacional ou le Tribunal Constitutionnel qui sont les fidèles continuateurs du TOP (Tribunal d’Ordre Public) qui n’ont pas été épurés pendant la Transition. Se sont ajoutées à ces structures une infinité de lois répressives qui sont appliquées avec acharnement contre ceux et celles qui luttent pour défendre leurs droits.

Comme nous le vérifions dans nos chairs, les droits sociaux et ceux du travail reconnus dans la Constitution valent moins que lettre morte. Le scandale atteint des sommets quand ces droits subissent des coupes sombres à n’en plus finir, sous couvert de l’article 135, revu et corrigé, sans référendum, par le PP et le PSOE, au moyen duquel, ses promoteurs si patriotes, ont liquidé toute souveraineté aux pieds de l’Union Européenne.

Le peuple catalan a vu disparaître l’espoir que les oligarchies gouvernant l’Union Européenne appuient ses droits et les protègent contre la brutale répression déclenchée par l’Etat contre lui et ses institutions.

Le Régime héritier de Franco attise une fois de plus l’affrontement entre les peuples pour augmenter à tout prix sa base électorale, en essayant ainsi de mettre le couvercle sur l’immense puanteur de la corruption qui touche toutes ses structures, hier du PSOE, aujourd’hui du PP, ces deux faces d’une même monnaie.

L’actuel vide politique, le manque d’organisations à ferme et cohérente portée démocratique, qui pourraient constituer l’opposition claire à la farce de la Transition qu’on nous a imposé, sont le meilleur bouillon de culture pour que croissent des groupes d’extrême droite ou ouvertement fascistes en tant que troupes de choc du capital en temps de crise.

La rupture avec le Régime instauré en 1978 et, comme nous l’avons vu, maintient intactes ses structures fondamentales, apparaît au premier plan des tâches politiques des peuples de l’Etat espagnol, d’où la nécessité d’établir un rapport de force plus favorable à travers la convergence autour de cet objectif de rupture et de la mobilisation populaire qui va de pair.

Pour toutes ses raisons, parce qu’en outre il est indispensable de riposter à la brutale répression qui s’abat sur le peuple de Catalogne et qui, exprimée de façon sauvage le 1er octobre, a ensuite détruit ses institutions, emprisonnant ses dirigeants, dont la plus grande partie du Govern de la Generalitat, en application de l’un des articles de la Constitution qui révèle, avec le plus de force,  l’héritage de la dictature,


NOUS APPELONS A SORTIR DANS LA RUE LE 6 DECEMBRE DANS TOUTES LES VILLES ET TOUS LES VILLAGES DE L’ETAT ESPAGNOL.
CONTRELA CONSTITUTION DE 1978 ET LA MONARCHIE FRANQUISTE.

POUR LE DROIT D’AUTODETERMINATION DES PEUPLES.
POUR LA PLEINE GARANTIE DES DROITS SOCIAUX ET DU TRAVAIL
Texte en espagnol à lire ici.

Traduction NPA 34 

 Et à ce point-là, messieurs, on s'en met plein les fouilles !! Cliquer ici


30 novembre

La CUP, paroles anticapitalistes pour la République indépendante de Catalogne...  Partie 2 et fin.
 

 On a beau entendre que la question catalane est celle de la bourgeoisie, nous voyons toujours de quel côté se placent le Banco Sabadell [la cinquième banque privée espagnole], La Caixa [la Caisse d’Epargne de Barcelone, la première d’Europe, la troisième entité bancaire de l’Etat Espagnol], Iberdrola [l’un des dix plus grands producteurs mondiaux d’électricité]… Cliquer ici

29 novembre

La CUP, paroles anticapitalistes pour la République indépendante de Catalogne...  Partie 1.


 

Entrevue avec Benet Salellas, député de la CUP (Candidature d'Unité Populaire) au parlement catalan jusqu'à sa dissolution à coup de 155 par Madrid. La CUP, défendant des positions anticapitalistes sur des bases indépendantistes, a fait alliance, pour mener à bien le passage à l'indépendance, avec la coalition de gouverneemnt Junts pel Sí (Ensemble pour le oui) regroupant la droite catalaniste du PDeCAT du président destitué de la Généralité, Carles Puigdemont, et l'ERC (gauche républicaine). Dans la foulée de son coup de force contre les institutions catalanes, Mariano Rajoy, le chef du Gouvernement espagnol, a convoqué des élections au parlement catalan pour le 21 décembre. Benet Salelles revient sur la crise en cours en Catalogne sud et dessine les perspectives que défend son organisation. La CUP comptait 10 député-es au Parlament sur la base de son score électoral de 8,21 %. Cliquer ici (https://blogs.mediapart.fr/antoine-montpellier/blog/301117/catalogne-la-cup-ces-anticapitalistes-independantistesleur-bilan-et-perspectives)


Catalunya Infos en continu. Etat espagnol...la démocratie des corrompus... 

28 novembre

Prisonniers politiques

- Rajoy : ... et on a interdit de parler de prisonniers politiques pendant la campagne électorale parce que vous n'êtes pas des prisonniers politiques : vous êtes des politiques prisonniers !
- Nous, on est quoi ? Des juges politiques ou des politiques juges ? Cliquer ici 

Soutenir ou laisser faire l'offensive contre l'indépendance de la Catalogne...


 ... c'est permettre au dirigeant de la mafia espagnole de se faire passer pour le monsieur propre de la démocratie ! Sur le dos des démocrates catalans !




Pourquoi parle-t-on de mafia espagnole à propos du Partido Popular. La définition donnée généralement pour désigner le terme Mafia est souvent : « une organisation criminelle ».
Le termes d’  « organisation criminelle » est utilisée par nombre de juges et de magistrats espagnols pour désigner le Partido Popular (PP). Ignacio Gonzalez, ancien président PP de la communauté de Madrid, mis en examen et poursuivi pour être le responsable d’une « Organisation criminelle » dans le cadre de l’affaire de corruption « Lezo ». 

Le juge du parquet national, José de la Mata, a ouvert une instruction dans le cadre de l’affaire des « papiers de Barcénas », du nom de l’ex-trésorier du PP et ami de Mariano Rajoy, pour des délits d’ « organisation criminelle, association illégale, trafic d’influence, blanchiment de capitaux… » Cliquer ici

27 novembre

L'ancien juge espagnol qui balance tout sur la prétendue démocratie espagnole...

"La justice espagnole n’est pas indépendante, moins encore dans le cadre d’une procédure pénale"

 
NPA 34 : quand la Catalogne s'est soulevée pour son indépendance, vous avez voulu croire que Rajoy a eu raison de lâcher sa répression contre elle ? Ou que, quoi qu'il en soit de Rajoy, la Catalogne ne pouvait pas, comme ça, sortir de ce que prévoit la Constitution, la loi, le droit, sinon où on va (hein Mélenchon et quelques autres à gauche ?), etc. Lisez ce qu'en dit, pour La Dépêche, cet ancien juge viré car il allait faire sauter un régime corrompu jusqu'à la moelle...qui n'a aucune légitimité à faire la leçon d'éthique et de droit aux Catalan-es

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Ancien juge de la 9e chambre d'instruction de Madrid, Elpidio Silva a instruit deux des dossiers les plus sensibles concernant les accusations de corruption qui cernent le Parti populaire, actuellement au pouvoir : les affaires Blesa et Banco de Miami. Ses enquêtes lui ont coûté sa carrière de magistrat. Aujourd'hui avocat, ce natif de Grenade qui vit à Barcelone - et qui n'est pas indépendantiste - analyse avec le regard du juriste la crise catalane qui secoue toute l'Espagne. Et rappelle quelques vérités sur sa genèse. Cliquer ici

Alors samedi 2 décembre, venez dire avec nous : libérez les prisonniers politiques catalan-es ! Que l'on soit pour ou contre l'indépendance, vive le droit des Catalan-es à s'autodéterminer car c'est...la démocratie !

 


 Bal putschiste en Catalogne...deux morts espagnolistes !

 
La malédiction catalane...Justice d'exception espagnoliste, justice immanente ?


Procureur supérieur de la Catalogne, il avait participé récemment encore, comme il se doit en parfait "justicier" zélé aux ordres, à réprimer le mouvement national catalan. Comme son pote José Manuel Maza, Procureur Général de l'Etat, il y a à peine dix jours, il vient de crever... le miroir qui vous mène plus bas que terre, hosanna aux plus haut des cieux... Nous ne serons pas du côté des pleureuses (et des pleureurs) car, la mort de quelqu'un, si elle n'autorise pas qu'on le piétine, ne devrait pas permettre que l'on appelle les choses et les gens autrement que par leur nom, en l'occurrence un salaud en vie ne devient pas, par miracle post mortem, le meilleur des hommes, blabla. L'homme du jour était un homme de la nuit des sales coups des "grands serviteurs de l'Etat". Et cela doit nous (re)mettre à l'esprit qu'en "Espagne" (appelons un chat noir un chat noir), mais la même engeance existe ailleurs sous d'autres modalités, que cet Etat a une dette qu'il n'a pas payée avec une dictature et que cela se paye cash aujourd'hui, pour des milliers et des millions de gens, en termes de répression, de misère et ...en crédits bonifiés pour la bande de corrompus sévissant dans ses bas-fonds et alentours putrides. Pour conclure, la démocratie espagnole aura bien mérité de cet homme dont elle assure la relève immédiatement, raison d'Etat oblige... Retenons que l'Etat, lui, ne meurt jamais de façon naturelle... Retournons donc à l'essentiel, au travail de défense, contre cet Etat et ses hommes de main, de la démocratie, des libertés et des droits "nationaux", mais aussi, intrinsèquement liés, sociaux. Cela se passe du côté de la Catalogne mais nous savons (enfin cela serait bien que nous soyons plus nombreux/-ses à le savoir) que cela joue sur le sort de tous et toutes au-delà des Pyrénées... 

Ne l'oublions pas, un de mort, deux même, dix et plus, hélas, de retrouvés ! A bon entendeur salut ! Lire ici sur le sujet

Et pensons qu'à l'heure actuelle, grâce aux deux morts susmentionnés et à leurs camarades toujours en vie, on compte 795 inculpé-e-s, 24 arrestations et 10 prisonnier-ère-s politiques, tous et toutes liées au combat pour la démocratie en Catalogne (décompte fait par le site en catalan Vilaweb : lire ici)

Requiescat in pace ? Non, mais, et puis quoi encore !

A Montpellier samedi il y aura ça
(on peut venir avec son chat noir !)

  

26 novembre 

 Démocratie des urnes en Espagne...C'est mal barré !

 Cliquer ici

155 , élections du 21 décembre... comment sortir de l'impasse ?

Hélas, les partis dominants en Catalogne vont chercher un compromis...



Selon les sondages, la droite la plus dure se renforce : Ciudadanos pourrait prendre un million de voix au Parti populaire. Or avec la crise catalane, Ciudadanos s’est placée à la droite du PP, réclamant dès le début l’application de l’article 155, définissant le référendum comme un « coup d’État », et développant un nationalisme encore plus exacerbé que celui du PP.

Il y a aussi une différenciation générationnelle. La vieille génération, qui vient de la dictature, est très fidèle au PP. Mais les jeunes se tournent vers Ciudadanos. Au départ, ça paraissait plus moderne, macroniste, mais cela bascule de plus en plus vers l’extrême droite. Cela mélange le nationalisme espagnol et le libéralisme à outrance. Le seul ingrédient qui manque pour devenir réellement d’extrême droite, c’est la question du racisme, où Ciudadanos maintient un discours « mainstream », pas aussi radical que le Front national. Cliquer ici

 Pendant ce temps, chez monsieur et madame Mouton...

- Mets-toi sur la chaîne Loup, pour voir ce qu'y disent.
-Y disent que tout est sous contrôle et qu'il n'y a pas à s'inquiéter.
-Ahhh.. Me voilà plus tranquille... Cliquer ici

25 novembre

Question électorale... C'est par où la sortie ?... Pour aller vers où ?

"La démocratie espagnole a étrenné son premier état d'exception. Nous savons comment nous y sommes entrés. Il nous reste à voir comment nous en sortons. En politique la porte de sortie n'est pas moins importante que la porte d'entrée" (Javier Pérez Royo, Lire ici )



Perfectionnistes


Sur l'affiche : Avec la liberté il n'y a pas de démocratie.

- Ce n'était pas plutôt "Sans la loi il n'y a pas de démocratie" ?

- Eh bien. C'est qu'ils ont perfectionné la chose, c'est ça, perfectionné... Voir ici


Pablo (Iglesias) ¿Qué Podemos hacerle ?*

*Pablo (Iglesias), que Pouvons-nous y faire ?

24 novembre

 Cliquer ici


Morne séquence électorale... éclairée de quelques hilarantes trouées assez dérisoirement anecdotico-politiques !

23 novembre

Quand le Procureur Général de l'Etat, José Manuel Maza, est brutalement décédé, samedi dernier, les réseaux sociaux se sont enfiévrés, personne n'ayant oublié avec quelle détermination implacable il avait mené l'offensive criminalisante contre la Généralité et le processus de l'indépendance... Nombreux et nombreuses furent donc ceux/celles que la nouvelle a réjoui-es. Et c'est avec une verve se délestant des hypocrisies de circonstance que tout cela s'est manifesté. Ainsi les jeunes de la CUP, regroupé-es dans Arran, ont lâché "tweetement" ceci : 

Avec ce commentaire " 'Au bonheur de ne jamais se revoir, Maza'.

D'autres, plutôt bons enfants, ont produit ceci


- Le procureur Maza est forfait pour le Mondial de Russie  2018.
- C'est un dur coup de Massue (jeu de mots espagnol sur maza/massue et mazazo/coup de massue) pour l'unité de l'Espagne.
- Reposez en paix, Procureur Maza, pensez que le ciel est comme la prison de Estremera, plus d'un aimerait  avoir ces privilèges (c'est dans cette prison, dite "5 étoiles" que sont emprisonné-es le vice-président de la Généralité, Oriol Junqueras, et six conseller-as du Govern).

Mais il y eut aussi ce tweet d'un membre de la Commission des garanties de Podem, la filiale catalane de Podemos :




Eh bien, il se trouve qu'Iglesias et Cie ont immédiatement réagi...par tweet, en engageant, depuis Madrid, une procédure d'expulsion du mufle ... Venant à la suite de la destitution, toujours décidée depuis la capitale, par les mêmes, de la direction de Podem pour refus d'être dans la ligne électorale, cette mesure, à première vue anecdotique, dit à quel point, indépendamment de ce que nous savions depuis un moment sur le déficit démocratique de ce parti (lire ici), celui-ci rentre toujours plus dans le rang, dans les limites que le système autorise sous le label "convenable" et convenant... 
Sauf que, manque de chance pour Iglesias, le Ministère Public a décidé de ne pas donner suite aux demandes de poursuites judiciaires contre les irrespectueux d'Arran et celui de Podem car il n'y avait pas matière à délit... Voir Podemos se faire faire la leçon de justice par ceux qui, par ailleurs, sous l'égide de feu Maza, ont mis le feu à la démocratie catalane, ne manque pas de sel ! Même si la chose est profondément attristante sur le devenir d'un parti qui, à ses débuts, était porté, finalement malgré lui, par le défi iconoclaste des Indigné-es...

Cela dit ne nous leurrons pas sur la supposée mansuétude du porte-voix judiciaire du régime : cette affaire ne mérite vraiment pas d'en faire ce qu'en fait Podemos à quelques semaines d'un scrutin où le PP s'annonce en mauvaise posture. Question d'opportunité là où Iglesias en voit une de principe. Cinglant, le mis en cause podémite avait finalement dit l'essentiel de ce mauvais...procès qui lui était fait dans ces mots postés sur Twiter : "Merci, les camarades, j'imagine que chaque fois que vous lancerez une procédure contre Podem, cela sera annoncé par tweet, c'est ça ? Garanties blabla..." Sur un autre de ses tweets on lisait "Un toast pour vous aussi" ! Cruel, très cruel, Maza n'en serait pas revenu de se voir mis dans le même sac qu'Iglesias. A moins que ce ne soit l'inverse... Où il est prouvé que le dérisoire (des situations mais aussi de certaines personnes se croyant sérieuses) sait interférer avec les enjeux de fond, comme ceux de l'indépendance catalane et de la répression qui s'abat sur elle... Vite faisons retour en politique pour contrer le régime ! Lire ici et ici



22 novembre

Sous la matraque, les urnes... mais, loin du 1-O, le 21-D !

Retour sur ces jours qui ébranlèrent la Catalogne (2 et fin)

 
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21 novembre

Au loto liberticide : 155 ! Qui dit "quine" ? Franco... Merci la bande des trois !


Au rassemblement de ce soir des fonctionnaires pour la libération des prisonniers politiques, une affiche qui dit beaucoup de l'essentiel : Franco, le 155 et, écrits dessus, les sigles du PSOE, de Ciudadanos et du PP... (transmis par Pierre G de Toulouse) 

20 novembre

Retour sur ces jours qui ébranlèrent la Catalogne (1)

  
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19 novembre

Ci-après Le point sur les rapports de force estimés pour les législatives catalanes du 21 décembre

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 20 novembre, anniversaire de la mort d'une crapule sans nom... Aucun rapport avec la Catalogne d'aujourd'hui ?


Le 20 novembre était déclaré mort le dictateur Franco après une très longue agonie qui consola beaucoup d'Espagnol-es de n'avoir pas pu le voir traîné devant un tribunal pour crimes contre l'humanité, rébellion armée contre l'Etat légitime et un long etcétera qui aurait dû lui valoir de purger une peine d'emprisonnement à perpétuité... Aujourd'hui, dans une Espagne qui, malgré une Loi de la Mémoire Historique lacunaire, n'a jamais fait le procès du franquisme, ce sont des élu-es et responsables de la Catalogne qui sont en prison, suite à putsch politico-policier de deux héritiers du franquisme, le roi et le président du gouvernement. En ce 20 novembre on dira qu'on n'oublie pas : on n'oublie pas l'impunité dont bénéficient de notoires tortionnaires franquistes et quelques autres et on n'oublie pas de rapporter cette impunité à la peine de prison qui pèse sur ceux et celles qui se sont insurgé-es contre une conception des territoires d'Espagne ayant neutralisé toute possibilité d'autodétermination car classée ligne rouge franquiste à respecter postfranquistement. Ainsi se mit en place la démocratie en 1978, ainsi reste-t-elle fidèle aujourd'hui au pacte qu'elle a signé avec les démocrates de la 11e heure qui venaient de se défaire de leurs tenues kaki. 

Et comme il vaut mieux être concrets quand on convoque la "mémoire historique" dans ce qu'inéluctablement elle dit autant, sinon plus, du présent que du passé, nous avons placé en tête de page l'un des dessins de la revue satirique valencienne La Traca (le chapelet de pétards), représentant Franco dans sa vérité totalitaire. C'était pendant la Guerre Civile avant que Valence ne tombe aux mains des franquistes. Pour ces dessins le directeur de la revue et le dessinateur furent condamnés à mort et fusillés... Nous n'avons pas connaissance, à ce jour, que la démocratie espagnole, si tatillonne avec l'éthique politique à l'encontre de la Catalogne, ait annulé ces condamnations à mort et réhabilité ces deux journalistes. Pas plus que pour Puig Antich, l'un des deux derniers condamnés à mort de la dictature et tant d'autres (comme celui qui fut président de la Généralité, Lluis Companys), morts pour la liberté, l'égalité et la fraternité, valeurs toutes pourtant indissociables, dit-on, de la ... démocratie. Lire ici
Ah, j'oubliais, la Catalogne est la seule Autonomie à avoir procédé à l'annulation des condamnations franquistes (de façon opportuniste et sans aller au fond de la démarche le Congrès espagnol a annulé la condamnation à mort de Lluis Companys.... durant l'actuelle "crise catalane"). Lire ici 

Rappels historiques pour éclairer la situation actuelle en Catalogne comme dans le reste de l'Etat espagnol (article du 30 octobre)


Une Constitution monarchique, hautement problématique 

Lors de la crise catalane, il est devenu possible d’identifier les axes de blocage qui y furent volontairement insérés par les élites dominantes post-franquistes : 

- Article 2 : il stipule l’unité de la nation espagnole – rendant illégal dans les faits toute revendication d’autodétermination ; les autonomies régionales ont été octroyées et ne sont donc pas le fruit d’une convergence entre partenaires égaux (système fédéral, par exemple) ; 

- Article 8 : il autorise l’armée à intervenir pour maintenir l’intégrité du territoire national. En clair, si le coup d’Etat des généraux Armada et Millan Del Bosch (février 1981) avait réussi, les putschistes n’auraient même pas eu besoin de changer les normes constitutionnelles pour justifier leur soulèvement. A cette époque, hormis l’implosion de l’Union du centre démocratique (UCD), la question en cours de discussion était précisément l’espace et les limites laissées aux régions autonomes. 

- Article 116 : il autorise le gouvernement à établir l’état de siège en cas de troubles intérieurs (ce que pourrait faire le gouvernement de Mariano Rajoy, en cas de difficultés pour prendre le contrôle de la Catalogne) ; 

- Article 155 : il vient d’être voté par le Sénat espagnol (Partido popular, Partido socialista obrero español et Ciudadanos) et permet la prise de contrôle de la Catalogne. Rajoy vient de destituer le gouvernement catalan. Cliquer ici

18 novembre



* 21-D : les élections législatives catalanes du 21 décembre
1-O : le référendum d'autodétermination du 1er octobre

Tout bien

 - Comme c'est fantastique de vivre en Espagne ! Sa Constitution ! Sa séparation des pouvoirs, son unité territoriale, ses décrets-loi ! Ses médias au service de la vérité ! Sa transparence ! Ses forces de l'ordre, si proportionnelles* ! Ses libertés ! Ses priorités, son égalité !
- Son soleil, ses plages... (pst ! Tu veux qu'on nous prenne pour des écolos ?)

* si proportionnelles : aux méthodes répressives exercées en toute proportionnalité des moyens utilisés par rapport au but poursuivi (le "rétablissement de l'ordre") lui-même rapporté au niveau de désordre constaté. En résumé « La police ne doit pas tirer sur les moineaux à coups de canon » (Commentaire de la décision Kreuzberg du 14 juin 1882 par le juriste allemand Fleiner en 1912 cité par B. Stirn dans  Vers un droit public européen, LGDJ, 2015, 2ème édition, p. 93). Cliquer ici

Des partis indépendantistes emportés dans la dynamique électorale du 21 décembre...

Le point sur les rapports de force estimés pour les législatives catalanes du 21 décembre

 
Nous nous appuierons sur les tendances dégagées des sondages en cours. Nous savons leur fiabili discutable et nos lecteurs/-trices doivent s'en considérer averti-es. Ceci étant posé, ils présentent l'intérêt, pour un lectorat peu au fait de la situation politique de la Catalogne, de se familiariser avec des données importantes de celle-ci. Nous recourons, dans les lignes qui suivent, à un article intégrant aux aspects sondagiers convoqués, une lecture politique qui nous apparaît globalement correcte mais dans  laquelle nous intégrerons nos propres remarques et les inflexions analytiques qui nous semblent nécessaires. Lire ici

Les républicains indépendantistes de gauche d'ERC ne reconduisent pas leur alliance de 2015 (portée par Junts pel Sí, JxSí, Ensemble pour le oui, qui dit le caractère plébiscitaire qui était donné à cette législative) avec la droite catalaniste du PDeCAT de Carles Puigdemont (alors appelé CDC, Convergencia Democrática de Cataluña).

Aujourd'hui, ERC apparaît devoir être, selon tous les sondages, la gagnante de cette consultation : avec 28 à 30% des voix, elle obtiendrait entre 41 et 45 sièges. Avec les 39,59% obtenus par JxSí, elle avait décroché, dans la précédente législature, 20 sièges. Cette poussée annoncée explique, entre autres facteurs, les raisons du cavalier seul décidé, à cette  occasion, par ce parti.

Cette liste sera emmenée par celui qui était le vice-président de la Généralité, Oriol Junqueras, et est aujourd'hui emprisonné. La numéro 2 sera Marta Rivera, dont nous avons parlé hier, à propos du risque d'intervention militaire espagnole pendant les derniers événements. La numéro 4, Carme Forcadell, présidente du Parlament dissous, avait concouru à la précédente élection dans le cadre de JxSí en tant que membre de l'ANC.

La campagne d'ERC devrait être centrée sur la défense de l'idée de l'indépendance républicaine, bien que nuancée par les déclarations autocritiques récentes de certain-es de ses dirigeant-es sur les erreurs commises dans le processus. La cible sera évidemment le gouvernement pour son putsch politico-policier contre la Généralité et son Govern

La liste de Catalunya en Comú de Ada Colau, qui y figurera en dernière position, devrait être ménagée par ERC, malgré les dures critiques que la maire de Barcelone a récemment lancées contre "les irresponsables responsables indépendantistes". Les Comunes pourraient en effet, selon les résultats obtenus, devenir incontournables pour constituer un gouvernement de gauche défendant le droit d'autodétermination et la nécessité de mettre en route un processus constituant, le rejet du 155 et la libération des prisonniers politiques. Le hic devrait a priori être que, sur les deux premiers points, l'autodétermination et la constituante, Catalunya en Comú ne devrait pas céder sur la nécessité qu'ils soient inscrits dans une négociation avec le gouvernement de Madrid dont nous avons écrit ailleurs qu'elle renvoie l'éventualité qu'elle débouche dans les limbes de l'improbabilité (au vu de l'intransigeant refus de principe de Madrid sur le sujet) ou des calendes grecques, ce qui revient quasiment au même. 

Tout ceci pourrait en fait indiquer qu'ERC infléchit son orientation en reléguant son indépendantisme de toujours à une rhétorique identitaire assumant implicitement son inactualité. Et cela, par calcul électoraliste, au profit de la reconstitution d'une alliance de gauche rappelant sa participation passée dans le Tripartito de gauche, cette alliance gestionnaire de l'existant capitaliste de la Généralité entre 2003 et 2010. Avec la différence essentielle que le PSC en serait absent et que les Comunes, qui n'existaient pas alors, seraient appelés à faire l'appoint pour faire majorité.  

Ciudadanos devrait obtenir un score en progression par rapport à 2015, le maintenant en seconde position, en capitalisant son intransigeance anticatalaniste qui le fait avancer dans son projet général d'être la relève du PP au gouvernement de Madrid en réduisant celui-ci à être son partenaire subalterne. Pour l'aire catalane, son électorat cible est le secteur ouvertement opposé à l'indépendance et farouchement accroché à l'idée d'unité de l'Espagne, qui s'est cristallisé dans les récentes manifestations unionistes. L'équation personnelle de sa tête de liste, Inés Arrimadas, qui a percé, pour sa combativité à la rhétorique efficace au Parlament, dans les récents événements, n'est pas une donnée à négliger. 

Il devrait approcher les 20% (17,90% en 2015) et obtenir entre 24 et 28 député-es (25 en 2015) à partir desquel-les il espère parvenir un gouvernement de "concentration constitutionnaliste" avec le PP et le PSC, ses deux partenaires (en proximité de l'extrême droite) dans les manifestations unionistes organisées pendant la crise actuelle.

Une pression particulière de sa part, devrait s'exercer sur les Comunes sur le thème '"on est pour ou contre l'indépendance", il n'y a pas de troisième voie possible, qui plus est, s'il y a accord avec des indépendantistes comme ERC ! L'effet escompté de ce ciblage local vise en fait beaucoup plus large : mettre en difficulté, pour les législatives centrales à venir, un Unidos Podemos, qui, à travers un Podem épuré depuis Madrid, participe à Catalunya en Comú et qui, selon le calcul de Ciudadanos, aura plus de mal que cellei-ci, à se dépêtrer, devant l'électorat de l'ensemble de l'Etat espagnol, de l'image d'allié plus ou moins honteux des "sécessionnistes" catalans.

En voix 



Les socialistes du PSC ne parviendront probablement pas à refaire le chemin perdu depuis le temps de leur splendeur où ils incarnaient une sensibilité catalane, clairement assumée sur un registre autonomiste fort, vis-à-vis du parti frère le PSOE. L'extrême polarisation que connaît la Catalogne finit de le faire basculer dans un unionisme côtoyant de très près, avec sa défense inconditionnelle de la Constitution et son appui au 155, celui du PP et de Ciudadanos. Les tensions en son sein s'en trouvent aggravées, qui se sont traduites par de nombreusesfections de militant-es, de démissions de maires, de pertes de mairies qu'il dirigeait en coalition ou d'exclusion d'équipes municipales auxquelles il participait sans diriger la mairie. L'accentuation du virage à droite de ce parti s'est concrétisée pour ces élections de décembre par l'inclusion dans ses candidatures d'un politicien issu de la scission anti-indépendantiste de feu CiU s'étant réduite, pour l'essentiel, à CDC avant de donner aujourd'hui le PDeCAT. 

C'est avec une très faible crédibilité que le PSC tentera de brandir le thème d'un fédéralisme induisant de modifier la Constitution, plombé en fait par les avatars de la Commission pour la Réforme Constitutionnelle créée à Madrid par le PSOE et un PP affirmant qu'elle est sans objet, hormis celui d'avoir servi de contrefeu opportuniste à l'indépendantisme catalan, le temps de le neutraliser.

Sa tentative de renouer avec son électorat de la "ceinture rouge de Barcelone", peu porté sur l'indépendance (mais des choses ont bougé lors du référendum du 1er octobre), entre en concurrence avec les initiatives qu'y mèneront Ciudadanos et Catalunya en Comú. Dernièrement exclus par celle-ci de la majorité de gestion de la ville de Barcelone, les socialistes catalans ne devraient pas se priver de faire de cette exclusion (motivée par leur appui du 155) la preuve que les ami-es de Ada Colau sont de mèche avec les indépendantistes. La deuxième preuve par les approches d'ERC en leur direction !

Ils obtiendraient 13% des voix et 15 à 20 député-es (12,72% et 16 sièges en 2015) 

Le PDeCAT, qui souhaitait reconduire l'alliance de 2015, Junts pel Sí, aujourd'hui refusée par ERC, se rabat sur une liste ouverte aux personnalités, labellisée... Junts pel Catalunya. Il s'agit, pour ses dirigeant-es, d'éviter de trop apparaître lié-es à l'historique CiU dont l'image de corruption avérée continue à peser sur ses successeurs. Cette liste sera conduite, depuis l'exil, par l'ancien President et candidat à retrouver son mandat, Carles Puigdemont. Comme ERC, Junts pel Catalunya se placera sous l'égide d'une indépendance associée cependant à des formes d'autocritique sur la conduite du processus.

Portant une critique sans concession envers les listes espagnolistes du PP, de Ciudadanos et du PSC, Junts pel Catalunya cherchera à reconstituer une union postélectorale avec ERC, appuyée, espère-t-il, à nouveau, par la CUP, tout en se gagnant aussi l'appui de Cataluña en Comú. Avec les mêmes réorientations que, comme pour ERC, cela devrait impliquer sur l'agenda et les modalités d'accès à l'indépendance.

Comptant, parmi ses candidats, Jordi Sánchez, le dirigeant de l'ANC emprisonné, cette liste est créditée de 11% des voix et d'un total de député-es, en net recul, oscillant entre 14 et 18 (29 en 2015).

Catalunya en Comú, campera, on l'a souvent vu dans nos pages d'infos en continu, sur le ni-ni : "Ni 155, ni indépendance". N'ayant pas encore d'existence lors de l'élection de 2015, elle reconduit, à l'échelle de la Catalogne, l'alliance de Barcelona en Comú qui a permis de conquérir la mairie de la capitale. Podem, refusant de s'y intégrer, par volonté de se rapprocher des indépendantistes, a fini par y être contraint par Iglesias, via la destitution de sa direction. Ce qui pourrait affaiblir, mais jusqu'à quel point, cette alliance.

Elle donnera à son ninisme sur la question nationale, le volet social qu'elle juge, non sans raison, être passé sous la table dans le conflit actuel. Mais elle le fera avec une forte limitation institutionnaliste qui, comme pour Unidos Podemos, à l'échelle de l'Etat espagnol, subordonne le social à une démarche politique cherchant à ruser avec ce que le système autorise et qu'elle ne remet pas radicalement en question. Nous aurons l'occasion d'en reparler à propos de la façon dont l'autre ville, avec Barcelone, emblématique de la volonté de changement portée par ce courant, Madrid, cherche à répondre au blocage de ses dépenses publiques que vient de décider le gouvernement de Rajoy.

Menant campagne contre tout le monde, tout en dosant différemment cette opposition, pour laisser ouvertes des possibilités de coalition post-électorale avec ERC, voire Junts pel Catalunya, Catalunya en Comú devrait pouvoir compter sur 10% des voix pour 10 à 15 député-es. En progression d'un point environ et de 1 à 4 député-es par rapport à ce qu'avait obtenu en 2015 la liste soutenue par Podemos, Catalunya Sí Que es Pot .

En sièges



Le PP n'a pas grand espoir de sortir de son historique faible représentation en Catalogne. Mené par son très extrêmedroitisé leader local, il vise surtout à faire profiter son parti, à l'échelle de tout l'Etat, de sa radicale opposition au nationalisme catalaniste et, dans la foulée, à affaiblir Unidos Podemos. Secondairement, car conformément à la marginalité que lui ajoute l'avancée de Ciudadanos en Catalogne, il cherche à obtenir que se constitue une majorité d'alternative unioniste à l'indépendantisme avec celui-ci et le PSC. S'il obtenait, comme l'indiquent les sondages, environ 9% des voix, soit entre 9 et 14 député-es (8,49% et 11 député-es en 2015), cette convergence unioniste ne devrait pas parvenir à la majorité absolue. L'idée, caressée par le PP, de faire pression sur Catalunya en Comú pour qu'elle contribue à y parvenir est tout simplement incongrue !

Soucieuse de ne pas aggraver la situation des emprisonné-es et des exilé-es, la CUP devrait, lit-on, mettre en sourdine les critiques qu'elle fait à ses partenaires en indépendantisme. Sauf sur leur incapacité avérée à asseoir la proclamation de la République sur les structures étatiques prévues et avec un minimum de garanties que l'indépendance devienne effective. La CUP ne devrait pas ménager Catalunya en Comú, un concurrent direct pour se gagner un vote de gauche divisé sur l'indépendance. Mais l'idée que face à l'Etat répressif, il y ait possibilité et nécessité de faire cause commune ...avec les Communs serait dans les têtes cuperas... Avec 6% des voix et 5 à 10 député-es, la CUP verrait s'éroder les positions acquises en 2015 (8,21% et 10 député-es). Ce qui, étant donné le rôle joué par cette organisation pour avancer dans le sens d'une indépendance et d'une alternative globale au régime, ajouterait à l'impression de défaite du procés, y compris dans le cas d'une majorité indépendantiste dont nous venons de voir qu'aiguillonnée par l'idée de devoir faire avec Catalunya en Comú, elle mettrait beaucoup d'eau dans son vin catalaniste...

Décidément les urnes du 21-D risquent bien, hélas, de n'avoir pas grand chose à voir, avec celles de fortune, mais pour quelle belle fortune d'émancipation, du 1-O !

Les tableaux sont tirés de Así marchan las encuestas en Cataluña
 
17 novembre

Prête à déferler sur la Catalogne ?



 Point de vue. A propos de la menace militaire, de l'impasse indépendantiste et de la nécessité d'en sortir... "indépendantistement" ! Esquisse d'analyse.

Les déclarations de Marta Rovira, la secrétaire générale de ERC (gauche indépendantiste républicaine et social-démocrate), confirmées par Carles Puigdemont, selon lesquelles le gouvernement central était décidé à faire intervenir l'armée, avec informations à l'appui sur le stockage d'armes de guerre sur une base militaire catalane, et "à faire couler le sang" au risque qu'il y ait des morts, pour mettre fin au processus d'indépendance catalane (lire ici) doivent être prises au sérieux mais aussi avec beaucoup de réserves. Non qu'il y ait le moindre doute sur la détermination jusqu'auboutiste de Madrid : l'extrême violence policière déployée le jour du référendum contre des populations pacifiques en dit long sur le sujet. La Ministre de la Défense a, par ailleurs, à maintes reprises, indiqué que l'armée se tenait en réserve mais qu' elle était prête à intervenir. Il n'y avait aucune raison d'en douter ! Et l'on ne traitera pas à la légère le danger qu'aurait représenté l'occupation militaire de la Catalogne.

Mais c'est du côté de l'indépendantisme qu'il faut surtout se pencher pour interroger qu'il n'ait pas vu venir que, étant donné la hauteur du défi posé, rien de moins que l'indépendance d'un territoire aussi significatif politiquement et économiquement que la Catalogne, et vu le cours du rajoyisme toujours plus répressif et criminalisateur des oppositions, la militarisation du conflit était l'étape supérieure, courue d'avance, de la feuille de route anticatalane de celui-ci.

C'est en fait un véritable aveu de faiblesse, voire de frivolité, politique et pas seulement d'impréparation technique que d'expliquer le refus du Govern et du President d'aller au terme du procés par ce risque que l'Etat central utilise la violence militaire. La coalition indépendantiste, très hétérogène puisque couvrant un éventail allant de la droite néolibérale catalane jusqu'à l'extrême gauche anticapitaliste, était de toute évidence sous hégémonie, toute fragile que l'on voudra, de la première. Et la faiblesse politique dont nous faisons mention tient essentiellement au fait que ce qui aurait pu élever le coût politique, pour Rajoy, d'une intervention de l'armée, était, à cause de ladite hégémonie, dramatiquement absent du processus ouvert par le référendum du 1er octobre : nous voulons parler de l'assomption de ce risque militaire par l'ensemble de la population, pour qu'elle se prépare à lui opposer, en l'adaptant à la nature très particulière qu'est une menace militaire, l'effet de masse dont elle a montré être capable à diverses occasions, les Diadas les 11 septembre, la mobilisation pour le référendum du 1er octobre malgré la violence policière, les manifestations d'un million et plus de personnes pour la libération des prisonniers politiques...

Il est évident qu'une telle préparation ne s'improvise pas et que, probablement, elle aurait impliqué que les délais pour lancer la phase finale du procés, celle qui mène à la Déclaration Unilatérale d'Indépendance (DUI), auraient dû être sérieusement rallongés...

Mais c'est tout un travail politique qui aurait dû être mené, à travers l'ANC, l'Omnium et les CDR ou encore les syndicats disponibles, pour opter en faveur d'une désobéissance civile structurée, méthodiquement planifiée, assumant incontournablement au coeur de la question nationale, des revendications sociales susceptibles d'attirer des secteurs importants non-indépendantistes mais décidés à en découdre, sur ces bases sociales, avec le régime et ses organes répressifs... Des questions comme celle des mesures d'autodéfense des actions engagées, certes difficilement envisageables dans la phase initiale, auraient pu être inscrites dans un horizon politique de moyen terme, étant entendu qu'une telle mobilisation devait être nécessairement conçue sur un temps long. 

Il ne peut pas être ici développé tout ce qu'aurait impliqué et qu'impliquerait une telle approche, qu'il suffise cependant que l'on ait esquissé ces quelques éléments pour comprendre que le point de blocage à lever se situait dans la difficulté d'amener sur ce terrain des forces légalistes, réformistes, comme le PDeCAT ou l'ERC, a priori non disposées à s'inscrire dans un tel schéma d'opposition et de mobilisation radicales. Mais il n'était pas impensable de considérer qu'elles se seraient retrouvées à aller plus loin qu'elles n'auraient voulu par la force d'une dynamique populaire travaillée sur le temps, à commencer par celle de leur propre base militante, sociale et électorale, comme elles en sont venues à proclamer une a priori impensable (pour elles) DUI... Tout ceci situe la responsabilité des seules forces en capacité, certes initialement plus politique qu'organisatrice, d'oeuvrer à cette préparation, la CUP et les Comités de Défense de la République qu'elle influence. Il ne s'agit aucunement de faire la leçon révolutionnariste à ces acteurs de terrain qui se sont trouvés confrontés à des difficultés énormes. Il importe seulement que soient dessinés les contours de possibles politiques pour qu'ils soient rapportés, plus précisément qu'il ne peut être fait ici, à leur capacité à devenir des orientations stratégiques permettant de débloquer l'impasse actuelle.

Car le mouvement indépendantiste est bien dans une impasse qui, sans être insurmontable, repose sur le fait que l'initiative politique (renforcée par le judiciaire), sans nécessité que le recours à l'armée ait été activé, simplement par la menace qu'elle aurait pu intervenir de la façon la plus violente, est passée du côté de Rajoy : l'application du 155, la destitution induite du Govern, du Parlament, l'emprisonnement ou l'exil de la direction de ces institutions et, pour couronner le tout, la carotte des élections du 21 décembre, ont complètement déstructuré ce qui aurait pu devenir le centre de gravité de la résistance catalaniste, les mobilisations de rue. L'énorme manifestation de samedi dernier à Barcelone ne doit pas nous leurrer : elle aura été importante pour relégitimer politiquement un indépendantisme défait institutionnellement. Mais elle n'est pas, organiquement parlant, un facteur de relance de la mobilisation de terrain telle qu'elle a pu chercher à se mettre en place entre le 1er octobre (référendum) et le 3 octobre (grève générale et de pays) avant d'entrer en sommeil sans jamais avoir pu esquisser le schéma de mobilisation par une désobéissance civile de haute intensité que nous avons décrite plus haut.

Pour revenir aux déclarations de Marta Rovira, elles semblent surtout destinées à montrer raisonnable le repli opéré par le PDeCat et ERC à travers la déclaration répétée de plusieurs de leurs responsables sur les erreurs commises par l'indépendantisme et surtout par la fausse considération que celui-ci n'a pas la majorité requise lui permettant de proclamer, comme il a été fait, l'indépendance. L'idée que le sang aurait pu couler suite à l'intervention de l'armée cherche ainsi essentiellement à faire oublier les conditions dans lesquelles ladite intervention aurait pu être contrecarrée à moindre risque, sans certes avoir jamais de garantie absolue d'y arriver. Peut-on, à ce propos, envisager par exemple que l'UE, malgré son soutien à la répression policière et judiciaire engagée par Rajoy, aurait donné son feu vert à l'utilisation de l'armée, qui plus est dans les conditions de violence extrême suggérées par le PP ? On ne peut au demeurant pas écarter que, pour le coup, celui-ci ait joué  du registre de l'intox : s'il ne faut pas prendre pour argent comptant les déclarations de Madrid faites aujourd'hui, sur "le grossier bobard" que Marta Rovira propagerait autour d'une intervention de l'armée, il est plausible de penser que cette intervention n'aurait pas pu être menée aussi "tranquillement" que l'a été la répression policière. On pensera tout le mal que l'on voudra, à juste titre, de l'apathie antisolidaire de la Catalogne qui est à l'oeuvre dans les populations européennes, il n'est pas absurde de penser qu'il n'en serait pas allé de même si, l'armée étant entrée en scène, une résistance populaire civilement désobéissante lui avait été opposée et que la pression ainsi exercée aurait pu inciter les Macron, Merkel et Cie, eux-mêmes mis sous pression par une partie conséquente de leurs populations, à retenir le bras armé de Rajoy.

L'électoralisme qui a gagné aujourd'hui tout le mouvement indépendantiste démontre, qu'acculé politiquement, il tient pour acquis que, d'ici le 21 décembre, rien de décisif ne peut faire de la rue un espace de redynamisation du procés. Vision probablement réaliste de l'état des lieux mais qui devrait amener, y compris à l'occasion des élections, pendant la campagne électorale, à avoir le débat sur l'échec de la séquence DUI et sur la réorientation stratégique qu'il faudrait envisager pour que l'espoir toujours là d'une république catalane, proclamée mais aujourd'hui introuvable ailleurs que dans le coeur de millions de Catalan-es, ne se transforme en un stérile regret d'être passé durablement à côté de l'essentiel.

Ces lignes sont évidemment largement lacunaires et ne sont posées là que pour inciter à penser et à débattre, hors bornages par trop institutionnalistes, (de) ce qui relève d'un processus populaire et devrait foncièrement le rester.
 
 Antoine

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Puigdemont transmitió al Govern la idea de que el Estado respondería con "un uso indiscriminado de la fuerza" 

Rajoy tacha de "mentira" las acusaciones de que el Gobierno amenazó con violencia 

"Llibertat presos polítics (liberté pour les prisonniers politiques)"... Llibertat d'expressió !


Cela fait un mois que Jordi Sánchez (ANC) et Jordi Cuixart (Òmnium) sont emprisonnés. Des dizaines de personnes se sont rassemblées sur la place Sant Jaume de Barcelone, où se trouvent la mairie de la ville et le Palau de la Généralité, pour demander leur libération ainsi que celle des membres du Govern, également incarcéré-es, et leur manifester leur soutien. 

L'ANC et l'Òmnium, qui organisaient cette action, ont confirmé leur participation au rassemblement prévu à Bruxelles le 7 décembre et annoncé qu'elles appelaient à voter pour les listes indépendantistes aux élections du  21 décembre. Jordi Sánchez figurera en deuxième position sur la liste du PDeCAT que devrait emmener Carles Puigdemont. Jordi Cuixart, lui, ne se présentera sur aucune liste et a affirmé, en cohérence avec cette position, que l'Òmnium devait conserver sa transversalité et continuer à être l'organisation de tout le monde (cliquer ici).

L'actrice Agnès Marqués a lu, devant les présent-es, le manifeste de ces deux organisations en déclarant en particulier "Nous sommes un peuple pacifique et démocrate et nous poursuivrons toujours notre objectif si désiré,  la liberté et la république catalane". Lire ici

Les libertés dans l'Etat espagnol : ça ne rigole pas ...

C'est le deuxième cas de plainte déposée par des syndicats de policiers depuis le début de la "crise catalane". Celui du jour vise un humoriste d'une émission radio, pour une séquence du 20 octobre où le personnage, qu'il incarne, du beauf attablé au comptoir d'un bar et commentant l'actualité, répond au présentateur de l'émission qui lui dit qu'"Il y a toujours des rats dans les bateaux", que "les premiers 10 000 rats sont arrivés de Madrid, et ils sont importants et gros". Ce sketch partait d'une info du quotidien El País qui rapportait les conditions de logement, dans des bateaux mouillant dans le port de Barcelone, des policiers envoyés en Catalogne pour empêcher que ne se tienne le référendum du 1er octobre. Parmi les plaintes de policiers recueillies par ce quotidien, il y avait celle  de la présence de rats dans ces bateaux. Les présentateurs avaient demandé aux spectateurs hilares présents sur le plateau, peu dupes de ce dont il s'agissait, de ne pas rire !

La séquence incriminée (c'est en catalan) en cliquant ici


Le juge a jugé recevable la plainte "pour délit d'injures à l'encontre des Corps et des Forces de Sécurité de l'Etat".



L'autre plainte policière vise la revue satirique El Jueves (Le Jeudi) pour une plaisanterie faite, le 5 octobre, sur son site par laquelle il était affirmé que, pour cause de présence de la police à Barcelone, les stocks de cocaïne de la Catalogne étaient épuisés. Il était indiqué que les cartels colombiens de la drogue se disaient capables de répondre à une telle demande ! Pour apprécier l'humour il faut dire que ladite plaisanterie reposait sur de supposées déclarations d'agents anti-émeutes ayant opéré plusieurs charges contre des personnes désireuses de voter au référendum du 1er octobre. L'un des agents se défendait par ces mots "Je vous en prie, nous voulions seulement obtenir quelques grammes pour tuer le temps agréablement. Mais ça ne s'arrange pas, et il va nous falloir vite remettre ça".

Le génie humoristique des concepteurs de ce gag tient beaucoup, comme on peut le constater par l'illustration, à l'utilisation de l'insigne de la police nationale pour bien tracer la ligne de coke ! Détail qui est allé droit au coeur de pandores pointilleux sur leur image publique !

Le sous-directeur de la revue, par ailleurs auteur du texte mis en cause, a déjà été entendu par la Justice. La plainte vise également le responsable de la revue. Lire ici


L'une des plus célèbres couvertures de El Jueves



Elle avait fait couler beaucoup d'encre : c'était en 2007 et on y voyait celui qui était encore prince et son épouse en pleins ébats sexuels sous la légende "2 500€ par enfant" qui faisait référence à la décision du président du gouvernement d'alors, le socialiste José Luis Zapatero, d'accorder une prime pour toute naissance d'un enfant. Le prince déclare dans le dessin "2500€, tu te rends compte si tu tombes enceinte ! C'est ce qui ressemblera le plus à un travail que j'aurai fait dans ma vie". Le numéro fut saisi, ce fut une première depuis la fin de la dictature !

Le contentieux avec la monarchie est une constante de cette revue puisque l'an passé, lors des fêtes de Noël, le numéro spécial consacré à la haine de ces fêtes, s'ouvrait par une couverture où l'on voyait le désormais roi accroché, (sus)pendu, en déco d'un sapin.


Lors de l'abdication en 2014 de Juan Carlos et du passage de couronne à son fils, il y avait eu ça qui se passe de commentaire (sinon qu'il est fait allusion à la corruption de l'abdiquant). La direction avait décidé d'elle-même de retirer le numéro, au grand mécontentement de nombre de ses collaborateurs... Lire ici



Conclusion

El Jueves, c'est, malgré le faux pas de 2014, le Charlie dont nous n'avons plus idée en France... Et surtout il est l'une des plaques sensibles par où apparaissent dans leur...nudité les points chauds (police, monarchie) intouchables du régime de 78, de cette démocratie si particulière dont on vient de voir, par ailleurs, en Catalogne, comment elle sait user, via police et justice, de quelques acquis constitutionnellement maintenus de ses origines franquistes...

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